La der des der

Réalisateur : Patrice Guillain
Durée : 08’’
Année : 2017

Quand un jour , Simon Rosenberg, en regardant les actualités à la télé, constate qu’on célèbre le centenaire de la première guerre mondiale, il se rappelle douloureusement qu’il l’a faite…
Et comme il a, lui, dépassé largement les cent ans ,il se demande s’il n’est peut -être pas un des ultimes survivants , voir le dernier…qui sait ? Alors il décide de se manifester et d’en parler à la presse, il est seul, ses enfants, sa femme, sont morts il y a bien longtemps, il a mal partout, il veut quitter ce monde…
Mais il a peur. Ces célébrations ont réveillé chez lui l’odeur de la chair humaine brulée, des corps déchiquetés, des cris, les bombardements incessants, les hommes qui deviennent fous, cette souffrance qui mange le cerveau et les tripes et qui empêchent de dormir pendant des années.
Simon qui vit, reclus, depuis tellement longtemps, empêtré dans sa culpabilité d’avoir survécu à l’enfer, avec la seule compagnie d’une télé et d’une infirmière qui passe deux fois par jour. Simon, qui n’arrive pas à mourir, comme si quelque chose le retenait à la vie, comme s’ il voulait témoigner pour la postérité.
Oui Simon veut s’épancher, mais sa plus grande peur, c’est que son témoignage n’intéresse personne ! la guerre 14/18, interpelle-t-elle encore vraiment les jeunes générations ?
Simon a un secret qu’il traine comme un fardeau, lui seul sait qu’il aurait pu changer le sort de l’histoire mondiale. C’est ça qu’il veut partager, c’est cela qu’il l’apaisera.
Il aura encore la force de se confronter à l’arrogance d’un rédacteur en chef inepte et sans profondeur d’âme, qui ne manifestera aucune empathie. Et c’est finalement une femme, une journaliste émérite, venue de la diversité, au caractère bien trempé, Samia Zitouni, qui viendra visiter Simon, et qui constatera que oui vraiment, on peut changer le sens de l’histoire d’un simple mouvement de doigt, tout comme un battement d’aile de papillon peut déclencher une tornade de l’autre côté de la terre.